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Alter Sommet, ouverture

samedi 8 juin 2013, par Claire

Suite de nos aventures, vendredi 07 juin...
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Vendredi 07 juin. Levées tôt, on a un peu de temps pour aller dans le centre d’Athènes, le Sommet démarrant à midi. En route vers la place Syntagma, lieu symbolique que des milliers de citoyens grecs ont occupé en mai 2011 pendant trois semaines.

Nous prenons le train de banlieue, métro extérieur qui traverse la ville. De station en station, nous sortons du quartier plus aisé où nous logeons, vers le centre où l’on voit plus de bâtiments délabrés. Dans le métro, enfant à l’accordéon, vendeurs de stylos et de briquets se succèdent. Une dame, la quarantaine, nous indique où descendre. Nous sommes surprises de voir qu’elle donne son ticket de métro à son voisin qui le lui demande, lui n’a pas payé.
Arrivée à Monastiraki, l’Acropole au loin domine la ville, entouré de grues. (Une émission de radio récente évoquait la vente de l’Acropole à une entreprise privée, pour en faire des logements touristiques.)

On traverse une rue commerçante aux quelques enseignes closes, définitivement ?


Place Syntagma, sous le soleil.
On demande l’office de tourisme, pour avoir un plan de la ville. Quatre personnes nous indiquent quatre endroits différents. Nous finissons par le trouver. Fermé, il a déménagé.

Café, sandwich, wifi, et c’est reparti vers l’AlterSommet. Il a lieu au stade olympique, celui construit pour les JO de 2004. A l’arrivée, à la station de métro, je vois quelques autocollants d’extrême droite sur les murs. Brrrrr... Pensées pour ceux qui se rassemblent en France en mémoire de Clément Méric, jeune étudiant antifasciste décédé pour ses idées.

ALTER SOMMET


L’énorme stade figurant des fanes de baleines est en contrebas. Avec le soleil, la ville au loin et les montagnes derrière, je sens un petit air de Tunis (Forum Social Mondial en mars).Il n’y a pas beaucoup de monde aux premières heures.

Nous assistons à l’Assemblée féministe qui ouvre les alter hostilités. Extraits :
“Nous sommes ici pour proposer des actions, se rassembler.
Trois actions proposées :

- Se rassembler en cortège féministe dans la manifestation en faisant du bruit (agitant des bouteilles remplies de pièces)

- Organiser des campagnes coordonnées au niveau européen

- Interpeller les hommes et femmes politiques candidats aux élections européennes l’année prochaine

Expérience grecque : en ce moment 79 femmes sont en procès, accusées d’avoir accouché à la maison. Elles n’ont pas le droit de choisir, ni qui les accompagnent lors de l’accouchement ni où elles le font. Appel à lutter pour ces droits.
Les femmes grecques et les femmes immigrées en Grèce organisent des échanges de nourriture et de vêtements, et se proposent d’éduquer les enfants pour lutter contre la pauvreté.
Expérience italienne : il existe beaucoup de groupes féministes qui mènent des actions notamment pour le santé des femmes. La situation sanitaire est proche de celle de la Grèce : coupes sur les financements des services publics. L’état finance plutôt le privé dans les soins de santé, idem en Espagne.
Au Portugal, détruit lui aussi par la Troïka, jour après jour, de nouvelles mesures d’austérité sont imposées. Les féministes ont demandé un audit citoyen sur la dette, elles proposent une action européenne le 17 octobre, contre les banques. (Rassemblement devant les banques). Les femmes portugaises ne veulent pas être esclaves, ni du foyer, ni du capital. Elles veulent l’insoumission féministe globale. Appel également pour des manifestations européennes contre l’austérité, à une grève générale européenne. L’argent va dans le renflouement des banques au lieu par exemple de financer des crèches. Elles s’opposent à la privatisation et à la financiarisation de la santé. Exemple : l’ivg, les structures contre les violences faites aux femmes sont menacées. Proposition d’interpeller tous les représentants de l’Europe pour la gratuité complète des soins de santé. Les femmes sont au coeur de la lutte antifasciste, pour la démocratie. "Les femmes sont le coeur et le ventre de la vie, citoyennes du monde, solidaires pour la vie". Les multinationales gouvernent, les politiques n’en sont que les marionnettes. Nous sommes tous et toutes victimes du capitalisme financier, boule de neige qui va fondre.
Partout en Europe, on assiste à une montée du néo fascisme, qui renvoie les femmes à la maison, pour faire et s’occuper des enfants.
Pour la manifestation de demain, une gay pride est prévue, mais menacée par les mouvements d’extrême droite.

En Italie : les femmes se battent contre les mesures d’austérité, l’état social est fracturé partout en Europe. En Italie comme en Grèce, en trois ans la mortalité infantile a explosé. Comme durant le deuxième guerre mondiale. Néo fascisme avec les mouvements chrétiens conservateurs (exemple mobilisation en France contre le mariage homosexuel.) Proposition de former des comités d’actions pour lutter contre cette guerre sociale.
En Pologne, exemple de la transformation capitaliste : toutes les industries ont fermé, tous les services publics sont privatisés. La population est spoliée, des familles expulsées de leurs logements, des juges femmes ont fait expulser ces familles sur base de falsification de documents du cadastre. Proposition donc de construire un réseau qui contrôle les juges.
En Tunisie, les femmes marginalisées, affaiblies du point de vue économique sont les plus touchées par le chômage, la corruption, le mauvais partage des ressources. Les femmes paysannes travaillent de 4h du matin à 17h pour 5 euros par jour pour nourrir leur famille car le mari ne travaille pas. Les sociétés off shore installent un nouvel esclavage. Enorme problème de communication entre femmes et hommes, la Tunisie est une société
patriarcale pleine de tabous et d’interdictions. Le taux de divorce est en incroyable augmentation. Les femmes sont souvent agressées par la police (des mœurs).
Les jeunes et les femmes dans le sud de l’Italie, et en Espagne, connaissent un chômage de 60 pour cent. La précarité du travail des femmes augmente, pas d’assurance sociale. Le taux de natalité diminue. Suite à la réduction des allocations familiales, la fermeture des crèches, mêmes les allocations pour handicapés sont réduites.
Conclusions : On constate que les femmes qui ont pris la parole ont du mal à dépasser les constats. Au niveau de l’action, nécessité urgente de coordination européenne, de mouvements comme la marche mondiale des femmes et les réseaux d’initiative féministes des différents pays. Une proposition commune émerge autour du droit à la santé.

ALTER RENCONTRES

Le reste de la journée nous le passons en dehors des assemblées, à l’extérieur, autour des stands. Nous recrutons nos corbeaux.
Le stand de la CSC est bien représenté. “Nous sommes là pour les corbeaux”, leur dit-on.
"Ah ! C’est vous les corbeaux !"
Bref, outre des contacts pour la Belgique, nous en motivons quelques-uns pour croater avec nous demain.
Attac, et surtout Attac France, est fortement représenté ici. Nous retrouvons les militants d’Attac Paris avec qui nous sommes en contact depuis Tunis, qui ont eux aussi des costumes de corbeaux. Nous sommes assez excités, c’est notre première action commune internationale, vive LARKIPIK !!!
Nous organisons ensemble les interventions du lendemain. Une dans le Sommet, une à la Manifestation de clôture.

A l’intérieur de l’immense stade, se tient en fin de journée l’Assemblée où différents intervenants européens rappellent le Manifeste de ce Sommet. Au moins deux mille personnes présentes. A chaque applaudissement, nous avons des frissons...

Vers 22h30, nous assistons au début des concerts, avec une jam batterie guitare, poésie en grec.

Ensuite un groupe entonne Bella Ciao. C’est la première fois que nous l’entendons en allemand.
Nous rentrons avec Orphée le poète par le dernier métro.
Journée intense qui se termine...A demain !!