Théâtre Croquemitaine

Un théâtre alternatif

Accueil > ateliers > Un atelier, comment ça marche ? > Portraits de participants > Damienne

Damienne

participante d’un ateliers aux Marronniers

mardi 22 mai 2012, par MS

La femme que j’ai en face de moi paraît à la fois d’une grande force et d’une grande fragilité. Solide, souriante, les yeux pétillants de malice, la démarche sereine, sa voix dénote une certaine timidité, touchante. Damienne est une participante d’un de nos ateliers aux Marronniers.

Elle est la seule à avoir participé à toutes les séances depuis que j’ai commencé cet atelier de théâtre aux Marronniers. Son rayonnement est sans aucun doute pour beaucoup dans la réussite de cet atelier.

Damienne a 49 ans. Après avoir travaillé pendant 25 ans comme infirmière de nuit, sa vie change soudainement lorsqu’elle apprend qu’elle est... comment dit-on ? Bipolaire. Ce mot à l’aspect peu engageant ne signifie rien de plus qu’une sensibilité extrême, une émotivité telle qu’elle donne lieu à des pics d’euphorie, qui malheureusement alternent avec des descentes mélancoliques... et des phases de dépression.

Lorsque je lui demande de me parler de l’expérience qu’elle vit à l’atelier, j’ai peine à ne pas rougir tellement ce qu’elle dit m’émeut. “J’avais perdu le goût de m’exprimer, je ne parlais plus de moi qu’en termes péjoratifs, je n’arrivais plus à voir ce qui était bon pour moi”. Faire du théâtre a été comme un premier pas vers une stabilisation, vers une vie correcte et saine. Il était donc possible de rebondir... Depuis, elle participe aussi à un atelier d’expression corporelle, et elle a recommencé la natation.

Damienne pense que le théâtre est comme une thérapie, qu’il faudrait deux séances par semaine, et que les gens ne se rendent pas compte du bien-être que ça provoque. “ C’est magique, ça permet de revivre. Ça vaut bien une boîte de médocs !” Quand je lui demande de préciser ce qui lui plaît dans cette atelier, elle dit que c’est un moment de rencontre, une découverte permanente chaque semaine. On entend certaines personnes parler pour la première fois. De telles rencontres sont indispensables pour accepter les autres tels qu’ils sont, et surtout, s’accepter tel qu’on est. Nous sommes tous différents sur Terre...

Dans le Livre d’or de l’atelier, Damienne a écrit un texte, dont je retranscris ici quelques phrases avec sa permission : “Une matinée avec Klara, nous fait oublier nos tracas... Quand je sors à midi, C’est un bonheur... On revient la semaine prochaine !”