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Demandez la lune !

vendredi 7 décembre 2012, par MS

AVONS-NOUS LE CHOIX ?

La coalition ultra-libérale qui dirige le gouvernement fédéral a décidé d’appliquer une « stratégie du choc » à la Belgique.

C’est une attaque frontale contre tous ceux qui ne peuvent vivre qu’en vendant leur temps de vie sous forme de travail, parce qu’ils ne possèdent rien d’autre. Ce gouvernement veut diminuer les salaires (le saut d’index) et augmenter le temps de travail (la retraite à 67 ans). La conséquence en sera obligatoirement une augmentation du nombre de chômeurs, dont les « droits » sont réduits à peau de chagrin. Donc une concurrence accrue entre les travailleurs pour les embauches disponibles. Cela se traduira par de nouvelles pressions sur les salaires, la durée du travail et son intensité. Cette attaque est aussi dirigée contre les organisations syndicales elles-mêmes, avec la remise en cause du droit de grève et des fondements des relations sociales prévalant jusqu’à présent, le dé-tricotage de la sécurité sociale, des services publiques, la remise en cause des droits démocratiques, le renforcement de l’Etat policier et même sa militarisation, le saccage de la culture, l’obstination nucléaire, le tout assorti de cadeaux aux plus riches et aux entreprises.
Le but de ce gouvernement est de casser les reins des mouvements sociaux, à la manière de Margaret Thatcher, pour avoir ensuite les mains libres afin d’imposer une contre-révolution néo-libérale et de restaurer le capitalisme dans sa pureté et sa dureté originelle.
Nous sommes à un carrefour.
Ou bien ces mesures passent, car ce gouvernement aura vaincu la résistance populaire, et alors il mènera son projet jusqu’au bout, et la société belge s’enfoncera encore plus dans la pauvreté, le chacun pour soi et le désespoir pour tous.
Ou bien nous parvenons à empêcher ces mesures et à chasser ce pouvoir, et…
Et c’est là que la question de l’alternative se pose concrètement pour le gouvernement « il n’y a pas d’alternative » à sa politique. Le PS disait la même chose, et d’ailleurs tente toujours de se présenter comme la seule alternative possible à ce qui se passe actuellement… alors que des décennies durant, il a préparé celle-ci et qu’il est lui même responsable, entre autre, de l’exclusion de dizaines de milliers de chômeurs et qu’il continue à mener une politique similaire en Wallonie. Une vraie alternative, démocratique et économique, est pourtant possible. Non plus au profit du 1% de puissants, mais au service des 99% de la société.
Nous devons passer à la contre-offensive, avec notre propre projet.
Contre le chômage, la seule mesure favorable à nos intérêts est la réduction immédiate du temps de travail à 32H/semaine, sans perte de salaire, et avec un plan en vue de passer à 24H dans les dix ans.
Faire passer l’âge de la retraite à 55 ans pour tous, avec une augmentation des petites retraites et des autres minima sociaux.

Nous entendons déjà : « Impossible ! Ces mesures délirantes vont couler l’économie ! ». Depuis plus de 35 ans la répartition des richesses produites entre ceux qui travaillent et ceux qui encaissent les dividendes s’est dégradée, d’au moins 10%, au profit des seconds. Lorsque nous avons adopté nos systèmes de sécurité sociale, la richesse produite par nos sociétés était pourtant bien moindre qu’aujourd’hui. A la veille de l’adoption de chaque conquête sociale, les pires lamentations ont chaque fois été poussées par les riches. Et ce qui était impossible avant la grève, devenait tout à fait possible pour la faire s’arrêter et l’empêcher de remettre en question plus avant leur domination.
Pour qu’une telle alternative sociale se réalise il faut d’abord « Dégager Michel ». Ce sont dans ces luttes elle-mêmes que les alternatives se construisent et se construiront : dans la façon de s’organiser, dans les formes de luttes, dans le contenu du projet social que nous voulons.
Une telle contre-offensive donnerait le signal, à toute l’Europe, que le temps des grands changements est venu. Elle changerait la direction des mauvais vents qui nous glacent depuis si longtemps.
Allez, « en avant, il n’y a pas d’avance ».