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Edito mars 2014

vendredi 13 juin 2014, par Claire

Un collectif d’audit citoyen de la dette s’est créé à Tournai le 13 février. L’audit de la dette en Belgique a un an d’existence, des collectifs se réunissent à Arlon, Marche en Famenne, Verviers, Liège, Bruxelles, Nivelles, La Louvière et maintenant Tournai. Le remboursement de la dette belge équivaut à deux fois le budget de la santé. Le remboursement du capital et des intérêts représente 45 milliards d’euros soit 6 fois les dépenses d’allocations de chômage, 20% du budget fédéral. Les créanciers sont les grandes banques, les épargnants belges ne représentent que 5% de la dette.

Mettre en question la dette, sujet tabou même si une partie de cette dette est illégitime, c’est débattre de la logique ou plutôt de l’absurdité du système. Le discours dominant affirme que la dette vient de l’excès des dépenses publiques. Les chiffres disent le contraire. Depuis 30 ans, les dépenses publiques sont stables mais les recettes chutent, en cause : les cadeaux fiscaux aux grosses entreprises et grosses fortunes. La dette, c’est principalement le problèmes des recettes. Au-delà de l’exercice comptable, analyser le budget d’une commune, c’est mettre le doigt sur les dépenses qui ne profitent pas à l’intérêt général. C’est un processus citoyen pour identifier les dettes illégitimes et poser des questions légitimes. L’Espagne, la Grèce, le Portugal, la France et la Belgique : à travers l’Europe, l’audit citoyen s’organise en réseau international. En Espagne sous la pression des citoyens, 2 communes ont cessé de rembourser des crédits dont les taux d’intérêts étaient exorbitants. La démocratie ne se réduit pas au droit de vote. Elle s’exerce tous les jours, en nous mêlant de ce qui nous regarde ! Voilà une autre manière de faire de la politique.