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FSM de Tunis - 3ème jour

vendredi 29 mars 2013, par MS

Jeudi 28 mars. Le printemps tunisien est commencé, le soleil réchauffe les corps et les cœurs. C’est sous ses rayons que la foule des milliers de participants du FSM se rassemblent. Des dizaines de tentes accueillent les débats consacrés à de multiples combats menés partout dans le monde.
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Nous nous retrouvons sur le site du FSM, au campus universitaire, sous la tente de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme.
De nouveaux groupes de théâtre ou d’expression pluridisciplinaires se présentent : Mass’art, l’association Tahaddi, l’association Artiste malgré moi.
Ce matin il est question de l’art de la rue comme moyen d’action. Nous parlons des expériences récentes menées dans les rues de Bruxelles par le collectif "l’huile sur le feu".
La réunion aborde les questions relatives à l’efficacité des actions de rue. Bien sûr elles sont insuffisantes à elles seules pour changer le monde, mais elles contribuent à l’éveil des consciences et peuvent dynamiser les mouvements grâce à l’ambiance qu’elles peuvent apporter.
Le rôle et le statut de l’artiste sont évoqués. Tout le monde possède des capacités d’expression artistique. Cependant la vie (la survie ?) que nous menons dans cette société démentielle qu’est le capitalisme atrophie ces capacités, les réduit à rien. Combien de Mozart sont-ils assassinés par les rouages de l’idéologie dominante ?
Parler "des artistes" en général revient à occulter le fait que la lutte des classes traverse aussi le monde de "l’art".
Beaucoup d’artistes participent au système de domination par leurs œuvres et l’utilisation qui en est faite. Ce sont eux les petites mains de la culture dominante, proposant des œuvres destinées à permettre aux classes dominantes de se "distinguer".
Mais à côté de cette culture "dominante" s’exprime aussi une culture populaire, une culture de lutte. Niée, censurée, marginalisée, réprimée, cette culture "populaire" peine à exister. C’est notre rôle que de la valoriser, la promouvoir, la répandre.

Un appel est lancé pour rassembler les "artistes" engagés dans le monde et dénoncer le règne des grands faucons de la finance internationale. Un appel est lancé à penser un programme d’actions rassemblant Nord et Sud.
L’art dans la rue comme paysage urbain quotidien à la place des publicités est une belle façon de résister. Reprenons possession de notre espace public vendu aux publicitaires. On ne peut pas changer le monde tout de suite mais on peut changer des situations d’oppression par la résistance.
Aujourd’hui une coordination mondiale est possible, un débat virtuel mondial pour unir les résistant.e.s du monde entier aussi.
"Quand on veut, on peut. Quand on peut, on doit. Il suffit simplement de se donner les moyens" Paroles d’un participant.

Au-delà des questions théoriques, une volonté très pratique de s’organiser se manifeste. La création d’un réseau permettant l’organisation d’actions communes sur le plan international est à nouveau avancée. Concrètement un agenda commun devrait s’organiser autour de mobilisation communes ; agir ensemble, sur la même thématique, dans le même tempo renforcerait nos actions, leur donnerait plus de visibilité et d’efficacité. Les nouvelles technologies de communication, comme internet, le streaming, les vidéo-conférences ouvrent de nouvelles perspectives d’organisation.

L’après-midi, une partie de notre groupe participe à un atelier-formation en Théâtre Image, issu du Théâtre de l’Opprimé. Cet atelier est co animé par l’association Caravane Théâtre (Toulouse) et Théâtre-Forum de Tunisie. Les autres assistent à une réunion consacrée à l’identité de nos différentes compagnies.
En fin de journée, nous participons à une "conférence gesticulée" sur la dette donnée par Etienne Lecomte du CADTM.
Nous assistons ensuite à la réception organisée par Daniel Soil dans les locaux de la représentation culturelle de la Délégation Wallonie-Bruxelles.
Les représentants de la FGTB et de la CSC sont présents, ainsi que de nombreuses personnes issues du monde associatif. C’est l’occasion de nouvelles rencontres, de nouvelles discussions sur la situation en Belgique, la politique d’austérité, le traité européen, les mobilisations sociales des dernières semaines. Des rendez-vous sont pris pour poursuivre en Belgique les échanges commencés ici au FSM. 

La soirée est consacrée à une discussion avec nos partenaires d’Ado+ et du collectif Act en vue d’organiser une seconde tournée de "Dégage !", notre création commune. La décision est aussi prise d’entamer la création de la seconde partie de ce spectacle qui sera consacrée aux développements de la révolution tunisienne et qui pourrait être programmé lors de notre prochain Festival International de Théâtre Action qui se tiendra en septembre 2014.

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