Théâtre Croquemitaine

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Journée de la femme, 14 mars 2009, Halluin (France)

mardi 19 mai 2009

Le Théâtre Invisible* commence. Deux actrices arrivent et s’installent dans le public, comme les autres, pour assister au spectacle. L’une des deux a un oeil "au beurre noir" et marche avec une canne.

*En réalité, le terme"théâtre invisible" n’est pas tout à fait approprié. A strictement parler, le théâtre invisible
consiste en une "provocation", les spectateurs ignorent que c’est du
théâtre. L’action des acteurs visent à se faire passer pour des gens
normaux et à favoriser les réactions du public.
A la fin, le public ne sait d’ailleurs pas que c’était du théâtre et doit continuer à l’ignorer. Seuls les acteurs le savent. C’est en cela que ce théâtre est invisible.

On devrait plutôt parler ici de "théâtre dans la salle", c’est par facilité que, dans notre petit groupe, nous recourons de façon un peu erronée aux termes "théâtre invisible"

Pour en savoir plus : voir sur notre site Ressources théâtrales

Monique qui accompagne Mauricette, la femme battue, interpelle son amie en lui disant qu’ "elle est encore une fois bien arrangée". Elle lui demande si elle va attendre qu’il soit trop tard pour réagir.
Mauricette dit qu’elle aime son compagnon qui est si gentil quand tout va bien. Malheureusement c’est vrai il s’énerve vite.

Quatre autres actrices, installées dans le public réagissent. Phiou conseille de porter plainte, Danièle précise qu’il vaut mieux être accompagnée d’une personne qui puisse servir de témoin au cas où la plainte ne serait pas prise en compte, ce qui arrive parfois malheureusement.

Danièle pose la question de la violence sexuelle. Encore aujourd’hui le viol est une arme de guerre !
Annie dit qu’on ne fera pas le tour de toutes les violences et précise qu’elle n’est pas à sens unique.
Danièle donne des chiffres. Oui, il existe des hommes battus par leur femme mais ce sont des exceptions.

Pour Martine, une autre actrice, ce qui se passe dans un couple ne regarde personne. C’est privé et une petite
gifle n’a jamais tué personne...
Danièle rétorque en posant la question "Ca commence quand la violence ?"
Annie répond chaque fois que tu te sens blessée. Phiou précise : si on te traite de connasse, pétasse...c’est déjà de la violence.

La représentation et le débat terminés, place à la danse. Pour les actrices du Collectif, deux bonnes représentations devant un public
chaleureux et motivé. Deux jeunes hommes arabes nous ont félicitées après la représentation en disant « Vous avez cassé beaucoup de sucre sur notre dos mais continuez ! »
Nous retournerons à Halluin avec plaisir !

Après l’intervention théâtre invisible et la courte présentation de "Drame d’amour", le Collectif a joué "Un âge à part...être". Création qui aborde le thème du vieillissement. Faut-il recourir à la chirurgie esthétique, dépenser des masses d’argent en crèmes amincissantes, anti-rides, anti-âge ? Ce ne sont pas les crèmes qui enrichissent notre peau mais les multinationales qui s’enrichissent en nous faisant miroiter des images de femmes idéales qui n’existent que dans un monde virtuel.
Vous en avez déjà rencontré vous des femmes de soixante ans qui en paraissent 20 ? dit Annie.
Oui répond Monique, mais de dos...

C’est Annie qui conclut : "Vous croyez qu’on peut avoir des enfants sans prendre quelques kilos ? Traverser toute une vie sans prendre quelques rides ?

Travailler toute sa vie sans avoir mal partout ? Les gens sont comme les fleurs. Elles naissent, elles grandissent, elles s’épanouissent, elles se flétrissent et laissent la place aux autres".

La fête finale...
Dernière image de la fête des femmes à Halluin. Leur sourire nous accompagne.
Vive la vie. Place à la fête !