Théâtre Croquemitaine

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Le Rouge paradis de l’amour.

mercredi 30 octobre 2013, par MS

Le Rouge paradis de l’amour.
- Parade

Chœur :
Séducteurs de charme
Amoureux passionnés
Phallos irrésistibles
Ne vous cantonnez plus aux blondes scandinaves
…Approchez…Approchez…
C’est à vous que ce spectacle s’adresse
Voici les nouvelles aventures extraordinaires d’un super mâle, d’un homme superpuissant
Partenaire infatigable.
Entrez dans notre rouge paradis de l’amour.
Nous dévoilons nos charmes intégralement.
Nous vous initions aux plaisirs raffinés du corps…encore…encore
Perverses, irrésistibles, fougueuses, érotiques, lascives, ensorceleuses, sensuelles, piquantes, féroces…

Kadi pour sa mère, Kadiriki pour le petit peuple, le prince Kadiran est monté sur le trône du Golestan au début de l’année dernière. Excellent fusil, le prince organise régulièrement, au palais de Bandar, de somptueuses chasses à la gazelle. Adversaire redouté au bridge, le prince Kadiran affronte les meilleurs joueurs du monde.

Elevé selon les normes de l’anticommunisme le plus pur, il n’en garde pas moins son entière liberté de jugement. De sa mère, la reine Fabrika, il a hérité l’ordre, la méthode, l’autorité naturelle.

Les conseillers du jeune prince sont : l’émir Marmelaka, vieux conseiller fidèle de la reine Fabrika, le colonel Limonaka qui a le caractère ardent des gens de sa race, les Kalva. Monseigneur Popoka, rassembleur des églises du Golestan. L’émir Blablaka, ministre de la culture.

Silence , le prince baille, silence, le prince s’endort…

- Le cauchemar

Chœur  :
Rêve bleu…peau de pêche…seins ronds, roses…Bouches pulpeuses…sexe rouge…vagin denté…cauchemar noir…
Kadiran (sortant brusquement de son cauchemar) : maman ! (avec effroi comme si les harpies y étaient encore) : maman !
Fabrika  : Qu’est-ce qui se passe, Kadi ?
Kadi : J’ai fait un cauchemar.
Fabrika : Quel genre de cauchemar ?
Kadi : Au début, c’était enchanteur. Des femmes blondes, rousses, brunes, belles à couper le souffle qui m’entouraient, me caressaient, m’enlaçaient. Puis, tout à coup, elles sont devenues des mégères desséchées, aux seins pendants, aux dents acérées, aux ongles comme des griffes de léopard. Elles se sont jetées sur moi, m’ont mordu, griffé…
Fabrika : Kadi, ces femmes étaient-elles habillées ?
Kadi  : Nues ! Elles étaient nues ! Oh ! Maman ! Des peaux laiteuses, des seins roses, des cuisses, des ventres…
Fabrika : Oui, oui, je vois très bien. Donc, tu rêves de femmes nues…Dans ce cas, il faut te marier. Mais il te faut une vraie femme, mon fils. Selon la loi et les bonnes mœurs, une femme qui sera ton épouse et la mère de tes enfants.
Kadi : Mère, je veux bien. Mais qui ?
Fabrika : J’en parlerai au conseil des Ministres et nous résoudrons cette affaire.

- Conseil des ministres

Emir Blablaka : Messieurs, après l’entretien que nous avons eu avec la reine Fabrika, il s’avère urgent que le prince prenne femme.
Evèque Popoka : oui, certainement, en tant qu’homme d’église, j’approuve.
Emir Marmelaka (sourd)  : Que dites-vous ?
Popoka : Il est grand temps que notre souverain se marie.
Marmelaka : Ah ! Oui, oui, c’est une excellente idée…mais pourquoi si vite ?
Blalblaka : ce serait trop long à vous expliquer… Bon, Messieurs, la future épouse du prince sera la fille du général Limonaka. Il en a été décidé ainsi par la Reine mère qui l’a souvent observée lors des cérémonies officielles…Elle fera très bien l’affaire.
Marmelaka  : et, qui sera l’heureuse élue ?
Général Limonaka : ma fille.
Marmelaka  : Ah ! votre sœur !
Limonaka : non, ma FILLE.
Marmelaka : Ah ! votre fille ! Mais c’est parfait, très bien, très bien.
Limonaka  : c’est vrai qu’elle est douce, ma Lisa.
Popoka : nous célébrerons le mariage avec éclat. Et le plus tôt possible.
Marmelaka  : et le mariage, c’est pour quand ?

- Fabrika et Lisa.

Fabrika : Ma chère enfant, vous voilà mariée avec mon fils. Je suis très heureuse de son choix. Approchez, chère petite. Bien, bien…Vous êtes à présent la première femme du royaume. Votre mari le roi a de lourdes responsabilités, de nombreux soucis. Vous êtes là pour l’aider à porter le fardeau de la couronne. Par votre présence discrète et souriante, vous sèmerez pour lui des fleurs sur le dur chemin de la vie. Allez, mon enfant et soyez heureuse, vous avez fait un bon mariage.

- La nuit de noces de Kadi et Lisa.

Kadi : Lisa, tu es belle et je t’adore, tu seras la plus heureuse, je serai ton prince charmant, je réaliserai tous tes rêves. Tu auras des robes magnifiques, mes couturiers travailleront pour toi.
Lisa. : Oui chéri.
Kadi : Préfères-tu les tons bleus ou les tons rouges ? Moi, je préfère le bleu, et toi ?
Lisa. : Comme tu voudras, chéri.
Kadi : On te fera une robe bleue en soie d’Ispahan, avec une gorgerette pour ces jolis petits seins là.
Lisa. : Oui chéri, si tu veux.
Kadi : Et puis, nous ferons ensemble de grandes chasses à la gazelle.
Lisa. : Oui chéri, comme tu voudras.
Kadi : Tu auras un superbe fusil. Est-ce que tu aimes chasser ?
Lisa. : Oui chéri.

- Les servantes du palais faisant les chambres.

Servante 1 : Ouais, j’me d’mande bin qu’est-c’qui s’passe acor avec Kadiriki et s’fem.
Mi, j’ai comme l’impression qu’el lune de miel elle est finie entre les tourtereaux. Qué malheur ! Ya à peine trois mois qu’y sont mariés. Kadiriki, y n’a pos l’air fort bénèch, ces jours-ci.
Servante 2 :Pourtant, elle aveot l’air bin, cette petite.
Servante 3 :Ouais, mais elle diseot toudis « oui mon chéri, comme tu veux mon amour ». C’est comme si el Kat y parlait tout seu. A la fin cha l’a énervé.
Servante 1 : Moi, j’crois qu’elle diseot cha pour être trinquille. Et puis, y doit bien avoir la Reine mère qui a fourré s’nez là d’dins.
Servante 2 : Ouais, d’ailleurs, au bal des p’tits nichons blancs, Kadi y s’a plus occupé d’une certaine Anna que de s’fem.
Servante 3 : Ah ouais ?
Servante 1 : Et ac’t’heure, tout y va mal. Lisa dins s’chambre et Kadi qui donne un’grand’fiesse pour samedi.
Servante 2 : J’ai mêm intindu dire qu’y aveot envoyé esn’ avion personnel pour la ramener ichi, cet’fameus’Anna.
Servante 3 : Ouais ! Anna, la chanteuse de sweet rock ! Anna, un’ sacrée nana !
Servante 1 : Sweet rock ? Qu’oq ch’é qu’cha ?
Servante 2 : Bé…ché tout des affaires modernes.
Servante 3 : Ouais, et ch’est pour cha qu’on a tout l’ouvrach ! Euss, y n’ont qu’à s’amuser dins la vie. J’m’demande , si devrotte ouvrer com’nous aut’, y aurait pas tous ces problèmes. Ch’est tout du cafouillach !

Anna 

Anna : Il n’est pas ici, Kadi ?

- Anna et Kadiran

Kadi : Ah ! Te voilà, ma chérie. Si on allait à la chasse ?
Anna : A la chasse ! Quelle horreur !
Kadi :Comment « Quelle horreur » ? Mais, chérie, c’est noble, la chasse !
Anna : Mais oui, mais oui, bien sûr.
Kadi : Que fais-tu là, ma chérie, avec ce bel instrument ? Tu composes ? C’est adorable, une femme qui compose.
Anna : c’est adorable.
Kadi : : Ah ! mon amour, je suis si heureux de t’avoir épousée ! je mets tout mon domaine à tes pieds. Mes jardins, mes roseraies, mes serres, mes jets d’eau, mes écuries…Allons le visiter, et le palais aussi, la galerie de portraits de mes ancêtres.
(Anna le coupe d’un geste et reprend son instrument)
Kadi : : Tu chantes et tu danses, c’est merveilleux…Tu es souple comme un roseau…Que penses-tu d’une promenade à cheval ?
( Anna ne répond pas)
Viens près de moi un petit instant…Je voudrais tant te dire… Et si on allait faire une partie de tennis ? Tu verras, j’ai des coups fabuleux…ou bien, allons-nous baigner, mes plages sont superbement aménagées et les tennis sont tout près…
( Anna le coupe d’un geste)
Anna : Assez ! Vraiment, c’est assez ! Tu ne parles que de chasse, de ton domaine, tes courts de tennis, tes plages, tes, tes, tes… ( Elle sort)
Kadi : Mais reviens, reviens (plaintif)…reviens, reviens (en colère).
Kadi seul
Kadi : reviens, veux-tu…
Je ne sais pas chanter, je ne sais pas danser, je ne suis pas à la mode…
Kadi chez Anna et en présence de quelques servantes qui lui servent de modèles.
Kadi : Chérie, j’espère que je ne te dérange pas…Je voudrais te chanter une petite composition que je te dédie
Anna : bien sûr, vas-y, je t’écoute
Kadi : Tu es le soleil de mes jours / Tu es le soleil de ma vie / C’est comme si je t’avais rencontrée / Depuis plus d’un million d’années / C’est comme si je t’avais retrouvée / En te cherchant depuis la nuit des temps…
Entrée de Fabrika 
Fabrika : Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? Allez travailler, espèces de fainéantes…
( à Kadi) : Et toi, disparais ! Tu es ridicule.
(à Anna)  : Vous, j’ai à vous parler. Je n’admets pas votre désinvolture. D’abord, les domestiques sont là pour travailler, pas pour servir de modèles pour vos barbouillages. Vous ne tenez pas votre rang. Vous n’êtes pas une reine. Vous êtes une Bohémienne, vous ne valez pas mieux que mes domestiques.
Anna : Taratata, taratata
Fabrika : Quant à mon fils, je n’admets pas que vous en fassiez un pantin débile.
Anna : La mère au secours de son fils !
Fabrika : Sortez, vous êtes répudiée.

- Fabrika et Kadiran

Fabrika : Kadi, j’ai à te parler.
Kadi : Ma mère, je vous en prie, j’ai un problème grave à régler.
Fabrika : Justement, en parlant de problème, je voudrais t’entretenir de tes relations avec…avec…ma belle-fille. Je trouve que tu t’égares dans tes sentiments, cela devient ridicule.
Kadi : Mais enfin, Mère, Qu’est-ce qui vous fait tenir de tels propos ? Et puis, cela ne vous regarde pas.
Fabrika : Kadi, tu divagues. Il faut que tu te reprennes.

- Conseil des ministres pour le divorce d’Anna

Ministre 1 :Messieurs, la situation est grave
Ministre 2Le roi perd le sens de ses responsabilités
Ministre 3Le relâchement des mœurs entraîne la chute du pouvoir
Ministre 4Nous ne pouvons tolérer que l’Etat soit affaibli par l’influence de l’étranger
Ministre 5Imposons-lui le divorce : Il faut qu’il la répudie.
Kadi : Je divorce de celle-là aussi, tonnerre !

- Fabrika et Kadiran

Fabrika : Epouse une paysanne, mon fils. Ainsi, tu te retremperas dans les anciennes traditions de notre Golestan.
Kadi : Je ne veux plus me marier.
Fabrika : Kadi, il te faut une épouse digne de te donner un fils. Sans héritier direct, que de difficultés pour la succession !
Kadi : Je ne veux plus de femme, je suis désespéré.
Fabrika : Epouse une paysanne, elle saura te consoler. Elle te soignera, elle dirigera ta maison, elle t’attendra.
Kadi : Je ne veux plus de femme. Je resterai seul . Je voyagerai et je chasserai.
Fabrika : Justement . A tes retours de chasse ou de voyage, elle t’attendra, le thé sera prêt et fumant. Elle saura te faire du gâteau de riz au safran parfumé à la rose comme je t’en faisais quand tu étais petit.
Kadi : Je n’aime pas le gâteau de riz au safran, Mère ! A vous entendre, on dirait que vous m’avez déjà trouvé une épouse selon votre cœur…
Fabrika : Mais non, mais non, Kadi, c’est toi qui dois choisir. Je ne ferai que te proposer des partis intéressants…Pour te changer les idées, si nous allions faire une visite, cet après-midi, à ton haras de Zagros ? Le maître des écuries a été anobli par ton père. Ses fils et ses filles sont élevés dans le respect et la dignité. Allons-y, cela te distraira.
( Elle appelle un serviteur)
Fabrika : Faites préparer l’Alpha Roméo, nous partirons sans chauffeur.
Annonce  :
Mariage de notre roi bien aimé, Kadiran V avec la comtesse Florinda, fille cadette du comte Kanassan, maître du haras royal de Zagros.
Défilé, cérémonie, fête.

- Retour de chasse.

Florinda : Kadiran, mon roi adoré, enfin te voilà ! K : Ah ! Ma gazelle, je suis si las… / Fl : Assieds-toi, mon héros /K : Donne-moi un cigare, et aussi un whisky et viens te blottir dans mes bras / Fl : Oui, tout de suite , mon charmant prince.
Kadi : Je suis fatigué mais tu peux être fière de moi, ma douce colombe. J’ai été le meilleur fusil, comme d’habitude. Et toi, ma petite colombe, qu’as-tu fait ?
Florinda : Je me suis promenée dans la roseraie et dans la galerie des portraits, mon doux seigneur. J’ai admiré le portrait de ton grand-père. Quel homme ! Et comme tu lui ressembles, mon Kadi, quel regard intelligent, quelle dignité ! Parle-moi de lui, de sa vie.
Kadi : Ma petite caille, je suis content que tu t’intéresses à mon grand-père. Quel grand esprit cartésien c’était ! Et quel stratège !

Florinda : Carté…quoi ?

Kadi : Ah ! Ah !, ma petite abeille, ce sont là des mots bien savants pour toi. Mais ce soir, je suis si las que je n’ai pas le courage de t’expliquer. Nous verrons cela demain...Pendant tes journées un peu désœuvrées, tu pourrais apprendre, t’instruire…J’ai l’intention de faire venir au palais quelques professeurs qui t’initieront à l’histoire de notre dynastie. Et maintenant, allons-nous coucher, ma chatte.

- Florinda et les professeurs

L’islamisation de la Perse…les caractéristiques de l’art sassanide…l’invasion des Turcs seldjoukides…le grand poète, mathématicien et astronome Omar Khayyâm…Le règne d’Artaxerxés…La route de la soie…
Le deuxième producteur de pétrole du Moyen-Orient…300 km d’oléoducs…La réforme agraire…Le meilleur caviar du monde…Une production de tapis qui s’élève à 6 millions de m2…
Des roches calcaires primaires et secondaires…des régions désertiques où les précipitations sont très rares…Des oasis fertiles où on cultive le riz, le coton, la vigne, le blé, le tabac, les melons…de vastes gisements de naphte…

- Deuxième retour de chasse.

Comme d’habitude, il tend le pied pour qu’elle lui enlève sa botte mais elle ne vient pas, elle est plongée dans son livre. Dépité, il se sert un whisky et allume un cigare.
Kadi : Tu ne t’occupes plus de moi, tu ne m’accueilles plus, tu n’es même pas venue m’embrasser.
Florinda : C’est vrai que ton grand-père a fait massacrer 15.000 paysans en 1893 parce qu’ils refusaient de payer l’impôt ?
Kadi : Oui, c’était un grand homme.
Florinda : C’est vrai qu’on coupe encore la main des voleurs dans la région des montagnes ?
Kadi : Mais non, mon père Kadiran IV a fait supprimer les châtiments corporels, c’était un homme généreux.
Florinda : Pourtant , le jardinier Hassoun m’a dit que son père avait eu la main coupée.
Kadi : Tu as parlé au jardinier ?
Florinda : Oui
Kadi : Pourquoi ?
Florinda : J’ai été lui demander comment soigner mes pousses de dattier. C’est vrai que le puits de pétrole de Kosistan a explosé l’année dernière et que tous les hommes du chantier ont été brûlés ?
Kadi : Montre-moi ton livre
Florinda :Ce n’est pas dans mon livre, c’est la cuisinière Farina qui me l’a dit
Kadi : Tu as parlé à la cuisinière ?
Florinda : Oui
Kadi :Pourquoi ?
Florinda : Parce qu’elle est gentille
Kadi : Florinda, je n’aime pas du tout que tu ailles te commettre avec les serviteurs du palais. Quand tu veux un renseignement, adresse-toi à tes professeurs ou à moi
Florinda : Oh oui ! Justement, mon chéri, Je voudrais tant assister avec toi au prochain Conseil des ministres
Kadi : Voilà une très bonne idée, il est utile que les femmes s’intéressent à la politique.

- Conseil des ministres avec Florinda.

Kadi :Messieurs, la reine Florinda assistera désormais au Conseil des ministres. Nous devons faire en sorte que les femmes contribuent au succès de nos objectifs de changement de société.
Emir Marmelaka : Rapport sur les exportations . Les exportations de fraises, d’asperges et d’artichauts ont augmenté de 10%. La Golestan Carpet Company a vu son chiffre d’affaires augmenter de 30%. Un nouveau marché s’est ouvert pour notre caviar : la République Droite africaine…
Florinda : Monsieur le ministre, je voudrais vous poser une question : Pourquoi ne cultivons-nous plus nous-mêmes le blé, la canne à sucre, l’orge, le riz ? Il nous faut, à présent importer 90% des produits alimentaires de base et le budget consacré à l’agriculture ne représente que 10% du budget global.
Marmelaka  : Comment ? Que dites-vous ? Que dit la reine ? Que se passe-t-il ?
Kadi : Du respect pour l’Emir Marmelaka ! Florinda, où as-tu été chercher tout cela ?
Général Limonaka  : Madame, c’est que le budget des dépenses militaires a été haussé, à ma demande, de 34%. Nous avons dû, en 1953, entreprendre une réorganisation de l’armée et de la police pour les rendre plus opérationnels en cas de troubles sociaux.
Florinda : Général, ce qui coûte trop cher, ce sont vos prisons et votre police politique.
Kadi : Florinda ! De quoi te mêles –tu ? Tu sais que ton rôle consiste avant tout à visiter les orphelinats et les hôpitaux !
Mgr Popaka  : La reine fait sans doute allusion à la prison spéciale récemment construite pour les femmes ? Madame, vous comprendrez sans peine qu’on ait voulu séparer les prisonnières politiques des prisonnières de droit commun. La prison doit être un endroit sain, un moyen de réinsérer les détenus dans la vie sociale.
Florinda : Les réinsérer, soit, mais…
Fabrika  : Cela suffit, nous reprendrons cela plus tard. Messieurs, la séance est levée.

- Scène finale.

Chœur :
Florinda sera chassée du palais demain. Kadiran restera seul une fois de plus. Seul perdu dans sa tristesse et son ennui.
Evidemment, vous nous direz que, comme finale, nous n’avons pas cherché bien loin. Détrompez-vous !...Nous aurions pu, par exemple, vous raconter que Lisa, Anna et Florinda se retrouvent, se prennent d’amitié, et décident de monter ensemble un spectacle ridiculisant Kadiran et la cour. Ce spectacle joué sur les places publiques aurait tellement de succès qu’il en viendrait à renverser Kadiran et son trône.

Mais vous nous auriez dit que c’était un peu naïf…
Ou bien nous vous aurions dit que les trois femmes organisent des manifestations, une insurrection et même, une révolution.
Mais vous nous auriez dit que c’était un peu simpliste…
Ou encore, nous aurions pu, toutes, quitter nos rôles et essayer de vous dire combien il est important de quitter aussi les rôles que la société nous donne.
Mais vous nous auriez dit que c’est un peu facile…En vérité, cette histoire n’a pas de fin…Mais, pour aujourd’hui, nous préférons vous dire que C’EST FINI !

Kadiran fait un tour de scène en poussant devant lui, au petit trot, le fauteuil de Fabrika.