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Les clowns font une scène - Chronique Clownesque #12

jeudi 18 avril 2019, par Eric Rouxhet

J’ai manqué deux séances et pense naïvement que rien n’a changé. Je nous découvre très diminués : de neuf il ne reste que six participants.
A l’entame de la journée, je sens que Rita a une idée derrière la tête : préparer un spectacle de clowns pour la journée des ateliers.
Mais pourquoi choisir la facilité quand on peut faire ardu ? Alors pas question d’un petit duo peinard avec une partenaire de connivence ou d’un solo en accord avec soi-même. Nous sommes six et ce sera un sketch à six décide Rita ! Qui plus est au départ de rien, ou plutôt de nous, sans consigne pour nous guider, sans histoire à raconter.

Heureusement, nous avons commencé l’atelier par des va-et-vient où nous échangions nos places à coups de démarches curieuses, de gestes insensés, de mimiques tordues …. Le tout étant ensuite rendu perceptible pour chacun par l’effet miroir des commentaires des camarades. Entre une soliloquante à pas menus, une allumeuse instantanée, un homme-élastique moqueur, un casse-cou délicat, un prophète désossé et une fugueuse fluide, nous avons tous été totemisés. Je ne sais trop si je me reconnais dans le mien, forcément réducteur. Mais cela peut servir de matériau à la construction d’un clown … à condition de s’en souvenir. Ce qui dans mon cas, est loin d’être gagné.
Que faire à six avec juste un petit cadre de paravent, une toile noire et un tabouret à quatre pieds ? Il n’y a même pas un accessoire par personne. Heureusement il reste les nez.
Et soudain tout s’emballe : le paravent devient aussi capricieux à habiller qu’une star hollywoodienne, le tabouret se prend les pieds dans les nôtres, une vieille amitié tourne au vinaigre d’effusions démesurées, le tout sous la houlette d’un metteur en scène complètement dépassé et d’une éclairagiste myope.
Une fois le premier jet passé, nous avons retravaillé phase par phase, précisant un mouvement, ajustant une position, changeant un tempo.
Et puis nous avons tout refait et le referons dans quinze jours … pour être prêts le jour de la fête des ateliers.
Ensuite, confortés par l’élaboration de ce tronc commun, chacun pourra y greffer d’autres scènes ébauchées lors de séances précédentes. Je ne sais encore si le résultat final aura l’air d’un fût sapin tapi derrière ses multiples branches ou d’un baobab à la bedaine proéminente.