Théâtre Croquemitaine

Un théâtre alternatif

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Michèle Vilet

jeudi 26 décembre 2013, par Claire

"J’étais prof dans une école à Tournai. Tout ce qui était manière non directive d’enseigner m’intéressait fort. Je cherchais des endroits pour travailler théâtre et voix. J’étais déjà sensibilisée à l’expression corporelle car j’avais suivi des stages dans le cadre de l’éducation nationale. J’ai rencontré l’atelier Kollontaï, atelier de femmes du Théâtre Croquemitaine. En plein boum féministe, c’était le premier goupe féministe à Tournai.
“Le Rouge Paradis de l’Amour” 1978/79. Quelle aventure ! Une parodie du Shah d’Iran - le héros s’appelait El Kadiran (Kadiriki pour les intimes).
Nous mettions en scène les servantes de la famille royale qui parlaient du Cat en secouant les draps. Kadiriki, c’était un petit sultan très gros, sous la coupe de sa mère (espèce de veuve noire) qui lui cherchait une épouse. Sylvie, ma fille, jouait une des jeunes épouses, le Cat c’était moi.
Rita nous animait. Moi, j’écrivais les scènes à partir des impros de notre scénario collectif. Nous avons joué le spectacle à la Maison de la Culture de Tournai et ailleurs...Ensuite, il y a eu “Sortez vos Plantes”, création collective à partir des textes de chacune. La thématique tournait autour du couple et s’étendait à des problèmes de société. Croquemitaine m’a poussée à suivre la Formation Animateurs de groupes à la province du Hainaut. J’ai fait mon compagnonnage dans les ateliers femmes.
“Le Commerce du Pain” 1984 Berthold Brecht. Théâtre engagé. J’étais et je suis de gauche. Quelle calamité cette injustice sociale, riches/pauvres plus que jamais ! Dénonciation de l’exploitation, des injustices sociales. Pour jouer du Brecht, il fallait s’initier à la distanciation, montrer les faits plutôt que dire. Cela m’a bien aidée par la suite dans l’écriture de contes et romans.

Long, long travail de création, de répétitions. Il fallait donner beaucoup de sa personne. C’était très fatigant et j’enseignais à plein temps. J’étais la plus âgée, non fumeuse dans des ambiances très enfumées, la seule à avoir un métier permanent et le plus de moyens financiers.
Mais nous formions une bonne équipe, nos amis musiciens nous accompagnaient, nous chantions des airs de Kurt Weil. Toujours à la recherche d’endroits où travailler, nous avons répété dans toutes sortes de lieux, parfois très poussièreux, au troisième étage d’une ancienne menuiserie, entre autres. Ces dix années m’ont appris à animer un groupe de théâtre. Après je me suis beaucoup amusée à monter des spectacles avec mes étudiants."