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Six femmes au Burkina Faso - compte rendu

samedi 29 janvier 2011, par MS

Voici le compte-rendu du séjour de six femmes blanches, de 27 à 59 ans, au pays des femmes et des hommes intègres du 1er au 17 janvier 2011. Chacune des six femmes relate ses impressions. Ce n’est qu’un début, en préparation : des portraits de femmes, un reportage vidéo, un montage dias...et la préparation d’un prochain voyage.
Lire la présentation du projet ...

De Rencontres de femmes à Goumogo du 1er au 17 janvier 2011

Ma première fois au Burkina

Je m’étais préparée, parée à toutes les éventualités, comme toute bonne petite voyageuse qui part en terre inconnue : gel désinfectant, anti-palu et papier toilette.
Je m’attendais à tout : aux aléas de la vie en brousse (chauves-souris dans les toilettes comme avait prédit Marcel) comme au pire : la faim sur le visage des enfants.
Je m’attendais à tout mais je ne me doutais pas de ce qui m’attendait là bas. Je ne m’attendais pas à ces rencontres intenses dans une langue inconnue, à ces rires, à ces confidences partagées, à ces regards, à ces gestes, à cette gaieté...
Je n’espérais pas ces ateliers théâtre bruyants, vivants, enchanteurs, enchantés sous le Néré.
Et surtout je n’aurais jamais imaginé tant de contradictions : la beauté et la pauvreté, la joie de vivre, la souffrance à peine dissimulée, le courage et la soumission et face à cela : moi, femme, européenne, libre...

Lola

Nassara et Vidéo

Partant à Goumogo dans l’idée de réaliser un documentaire vidéo sur les projets portés par notre groupe, j’ai rapidement été confrontée à une série de petits challenges à relever :

- le panneau solaire étant "gâté", trouver d’autres solutions pour se ravitailler auprès de la fée électricité ; brancher son caméscope sur le groupe électrogène du "bal poussière", ou rejoindre le marché à 1h30 de là, pour être certaine de filmer le lendemain.

- pour contrer l’harmattan qui souffle fort en janvier, ruser à l’aide d’un enregistreur coiffé d’une chaussette "Royal Air Maroc", et le tout caché sous un chapeau au pied du Néré... drôle de magie blanche qui n’a pas manqué de surprendre les habitants.

- les hommes, les femmes et les enfants, manifestement habitués à la photo académique, plus d’une fois se sont stoppés net dans une pose immobile et empreinte de politesse à la vue de la caméra, interrompant de façon comique l’instant de vie que je comptais "capturer"

- la frustration parfois, lorsqu’il faut saisir le caméscope et tourner, ériger autour de soi la barrière du vidéaste, plutôt que se laisser porter par l’échange qui se noue et la richesse du moment

En contrepartie de cela, une récompense sans mesure. Des images précieuses pour la petite blanche que je suis : des lumières superbes, des couleurs vives, des visages souriants, des musiques et des chants, une franchise désarmante, des paysages matinaux pleins de poésie. Mais surtout, découvrir avec bonheur la curiosité de tous pour cet outil : souvenir persistant de ces femmes et enfants massés autour de moi par dizaine, pour visionner et commenter les images dans d’immenses éclats de rire - parfois même pendant les prises de vues...
Ce qui semblait donc en premier lieu un obstacle à la rencontre s’est avéré un bel outil pour tisser une complicité, un échange affranchi de la barrière du langage.
Aujourd’hui, je n’ai plus qu’une idée en tête : rentrer à Paris, monter les images, et dans un futur pas trop lointain projeter le film à Goumogo, pour la joie de tous ceux qui m’ont permis de les emporter avec moi sur ma petite caméra.

A bientôt, Goumogo !

Marlène

Théâtre avec les femmes

Notre première rencontre avec une vingtaine de femmes du village de Goumogo a lieu sous l’arbre appelé néré face à la concession où nous logeons, aménagée par l’association Néré.
Pour moi, ce sont des retrouvailles. Avec 17 femmes, nous avons créé un spectacle en janvier 2008 et mon dernier séjour date du mois d’août 2008. Elles ont presque toutes au moins un enfant en plus et plusieurs sont enceintes. Elles sont très contentes de faire la connaissance de notre équipe.
Marie explique qu’elle va écrire et faire des photos, des portraits de femmes, Marlène va réaliser un film, reportage de cette rencontre, Lola et moi, nous proposons un atelier théâtre avec les femmes et, c’est une première, avec les enfants. Babeth et Evelyne sont parties tôt le matin pour une tournée dans la région avec Claver qui s’occupe de la plantation d’arbres fertilisants, elles seront de retour deux jours plus tard.
Trois femmes du village parlent français et traduisent en mooré. Je demande ce qu’elles ont envie de faire avec nous, il n’y a pas que le théâtre, tout est possible. Elles disent qu’elles sont heureuses d’être avec nous, qu’elles ont envie de parler avec nous et aussi de faire du théâtre. Elles se sont réunies avant notre arrivée et se sont mises d’accord sur un scénario.
C’est l’histoire d’une famille. Le père veut aller vendre le mil, ses filles et sa femme ne sont pas d’accord. Elles savent que l’argent de la vente du mil sera dépensé tout de suite par le père. Il ira boire le dolo ( boisson alcoolisée à base de petit mil fermenté) et manger de la viande grillée au marché.
Nous travaillons à partir de ce scénario, pendant une vingtaine d’heures, chaque après-midi sauf les jours de marché. La femme refuse d’enlever le mil du grenier, le père appelle sa fille aînée qui refuse aussi et appelle sa soeur qui refuse et ainsi de suite. La plus jeune fille est finalement obligée d’enlever le mil du grenier et le père part au marché. Il dépense tout son argent à boire et manger avec ses amis et rentre soûl dans sa concession. Dans la cour, il n’y a plus rien à manger, la femme réunit ses dernières pièces pour aller racheter un peu du mil vendu par le mari. La nourriture manque, la femme se fâche contre son mari qui la menace. Elle se sauve, les filles se jettent en larmes aux pieds du père qui finit par aller rechercher sa femme.
L’histoire se termine bien avec en point final, une danse et une chanson sur le mauvais caractère des hommes.
Lola et moi, nous essayons de travailler sur les images, le visuel, nous amenons des jeux clownesques, elles rient beaucoup quand nous leur montrons des “exemples”, les hommes soûls qui se soutiennent l’un, l’autre, qui essaient de voler un morceau de viande grillée...
Le spectacle est présenté pour l’inauguration du nouveau marché de Goumogo. Les enfants, les jeunes, les femmes, les hommes sont serrés en cercles successifs autour de l’espace scénique. Des enfants grimpent dans les arbres pour mieux voir ; les spectateurs rient et font des commentaires. Nos actrices assurent et s’amusent, le public aussi. La fête se termine en musique avec les Supers Etoiles.

Une après-midi théâtre pour les enfants

Nous proposons un atelier pour les enfants, le jeudi après-midi, jour de congé. Mohammed, un des comédiens-musiciens des Supers Etoiles, traduit et anime avec Lola et moi. Les enfants s’amusent beaucoup dans les jeux que nous proposons. Le public nombreux, des jeunes, des femmes, des hommes aussi, rient et applaudissent. Les enfants improvisent des scènes sur la vie animale dans le village. Un chasseur et ses chiens, un gardien de troupeaux, des chèvres, des ânes, des cochons...Nous dirigeons les impros, Lola et moi en ajoutant des consignes, Mohammed traduit et lance aussi des propositions de jeu, le public aussi s’en mêle...
Les Supers Etoiles prennent le relais aux percussions, les enfants se mettent à danser. Un premier se lance au milieu du cercle, tout le monde l’accompagne en frappant dans les mains, un second enfant prend la place du précédent, les solos endiablés se suivent. Finalement tout le monde danse. Nous aussi, les blanches nous dansons.

Comment ne pas avoir le coeur chaviré au milieu de tant de couleurs, de sourires, de joie de vivre en sachant que la plupart des habitants vivent avec moins de 2 euros par jour et manquent de nourriture.
A Goumogo, chaque personne s’arrête pour dire bonjour : “Laafi, laafi “ avec poignée de main et sourire et ça dure parfois quelques minutes avec une seule personne. On croise beaucoup de gens sur une journée...des quantités de souhaits de santé et bonheur s’échangent ainsi à longueur de journée.
Difficile de repartir vers notre hiver.

Rita

Des portraits de femme, textes et photos.

Quelques jours après le retour, des rêves d’Afrique encore plein les yeux. 17 jours au Burkina dont une dizaine à Goumogo, petit village au sud de Thyou que l’on rejoint à pied par 5 Km de piste. Je suis partie pour l’aventure du voyage, tenter de faire des portraits de femme, textes, photos.
Grâce au travail effectué à Goumogo par les associations Néré et Croquemitaine, les contacts sont faciles à nouer. À tel point qu’après la présentation des projets de chacune par Rita, 15 femmes veulent être interviewées sur le champ !
Mamounata, Awa, Salmata, Bintou … c’est au fil du séjour et des rencontres que naîtront les interviews. À la faveur de l’attente qui précède le rendez-vous pour le théâtre, sous le prétexte de découvrir la fabrication du savon, de visiter un jardin … Comme au théâtre, beaucoup de questions abordées durant ces discussions portent sur les relations hommes-femmes.
D’habitude, je travaille toujours seule. Ici Rita m’accompagne parfois pour les interviews, le groupe se mêle également à la rencontre comme à Ouaga avec Colette Nana, présidente de l’union des femmes rurales du Burkina.
Alors que je découvre un nouveau continent, qu’il faut s’affranchir des différences culturelles, c’est bien d’être à plusieurs. Cela enrichit les échanges. En fin de séjour, nous visitons également une coopérative de fabrication de beurre de Karité, un atelier de teinturerie.
Au bout d’une semaine à Goumogo, ponctuant les allés et retour au marché de nombreux laafi béné, laafi bala, bonjour ça va, bonjour ça va bien en Mooré, certains visages sont devenus familiers et je commence à me sentir chez moi.
Intendance, bal poussière, vélos, Mahamadi et les Supers Etoiles sont un peu nos anges gardiens et devant « nos humeurs de femmes » ont dû s’arracher les cheveux plus d’une fois ! Pas facile de voyager à six mais les caractères de chacun s’équilibrent et le groupe a pris forme, le projet des unes nourrissant celui des autres.
Au fil de la vie à Goumogo, de l’autre coté du barrage, nous assistons à la naissance du jardin des femmes, au renouveau du marché, à la danse folle des griots que j’essaye de fixer sur la pellicule.
Awa mon amie, Salmata ses coiffures, son sourire et ses cacahuètes, Mamounata et sa force tranquille, Bintou et sa beauté de princesse, textes et photos, je l’espère, vous rendront bientôt hommage. J’ai tant aimé la couleur de la peau, la couleur de la terre à Goumogo !

Marie

Agroforesterie, quezaco ?

Enfin, je suis de retour en Afrique, au Pays des hommes intègres, et je descends de l’avion avec émotion en cette nuit du 1er janvier. Mon dernier voyage remonte à juillet 2006, déjà. J’avais séjourné une semaine pour faire avancer tout un éventail d’actions menées par l’association Néré au village de Goumogo.
Je prends contact avec le maire de la commune de Thiou, M Issa Gandéma. Il nous raconte les évolutions du village de Goumogo et nous échangeons sur les objectifs de notre séjour. Cette fois-ci, je suis centrée sur le développement de l’agroforesterie, mais dans un rayon plus large autour de Koudougou.
L’agroforesterie, quezaco (non, ce n’est pas du mooré, mais du lozérien !) ? J’aime bien la définition des Québécois qui nous indiquent que l’agroforesterie consiste à associer des arbres et des arbustes à des cultures ou à des élevages pour produire des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux.
Depuis une dizaine d’années, Néré finance l’achat de graines d’arbres fertilisants (Albizia chevalieri, Samanea saman...), leur mise en pépinière puis leur plantation sur les parcelles cultivées par des producteurs agricoles travaillant individuellement ou au sein de groupements. Ces arbres libèrent de l’azote dans le sol (nodules et micorisation), azote dont profitent le maraîchage, les céréales, les vergers de fruitiers. Les paysans font des économies d’engrais, le sol est enrichi et protégé et le bois peut servir aussi bien à la cuisine qu’à la construction.
A Koudougou, nous retrouvons Claver et Arouna, qui ont fondé l’APAF Burkina (Association de Promotion de l’Agroforesterie). Nous convenons de notre programme :
réaliser un état des lieux de 10 champs plantés depuis 2006,
prendre contact avec la FENAFERBE, l’Union des Femmes Rurales du Burkina, et leur présidente Colette Nana, pour programmer les plantations 2011 autour de KOUDOUGOU,
améliorer le fonctionnement et les relations de nos 2 associations, chercher de nouveaux partenariats auprès des directeurs provinciaux de l’Environnement et de l’Agriculture.

Nous partons sur les routes du Boulkiendé et du Sanguié en moto avec Claver, Arouna et Babeth dans les merveilleux paysages burkinabés mais aussi dans la poussière ocre soulevée par l’Harmattan, ce vent sec soufflant du Sahara vers les côtes du sud-ouest de l’Afrique... Vivent les petites pistes sans camion ni autres véhicules ! La visite des champs, jardins et pépinières se révèle passionnante : périmètre irrigué de SAVILI, jardins familiaux de DOULOU, REO, SOURGOU et GOUNDI, exploitation du Centre de Promotion Rurale de GOUNDI, groupement féminin de BEEM KAGNONDO... Les producteurs nous font part de leurs préoccupations et de leurs besoins, nous consignons tous ces éléments dans des fiches techniques. Petit à petit, les principaux facteurs d’échec apparaissent clairement : défaut d’arrosage, inondation des pépinières, brûlage des parcelles (et des arbres), abroutissement par les animaux divagants, élagage mal adapté.
A Goumogo, l’entretien avec Nabin me ravit, son jardin est devenu une oasis ! En 5 ans les arbres ont beaucoup grandi (je suis surprise par cette vigueur végétale dans un climat aussi sec !) ; ils jouent pleinement leur rôle de fertilisants et de pourvoyeurs de bois pour la cuisine. Nous travaillons au bornage des parcelles pour le jardin collectif du groupement féminin TEGA WENDE. Les arbres fertilisants viennent d’être plantés et c’est une grande satisfaction de voir enfin se concrétiser ce projet auquel Néré travaille depuis 5 ans (voir aussi le récit de BABETH) !
Colette NANA fait bien les choses et nous échangeons sereinement avec une vingtaine de femmes de Koudougou pour définir le projet 2011. Claver explique et moi je calcule car les limites de notre petit budget sont de vraies réalités ! Après le témoignage d’Edouard et Herman de Goundi et les traductions du gourounsi en mooré, plus quelques ajustements sur le nombre d’arbres, nous définissons un programme de plantations chez 10 femmes (individuelles et groupements) sur 14 hectares de maraîchage et céréales donc 1 400 arbres pour un financement Néré de 231 000 FCFA (environ 355 €). Nous partageons le repas (j’aime trop le tô et le dolo !!) dans une ambiance des plus chaleureuses ...

Plus la place de raconter les réunions entre l’APAF et Néré, ni les rencontres avec les fonctionnaires provinciaux mais « il n’y a pas de problème, ça va aller », comme aiment à dire les Burkinabés !

Un regret (quand même, il en faut bien 1 !) : l’échec de la restitution de nos activités au Conseil Villageois de Développement, structure issue de la communalisation du Burkina Faso et chargée de gérer les projets et relations sociales sur le village. Problèmes d’énergie, d’horaires, de motos gâtées... mais ce n’est que partie remise pour le prochain séjour...

Evelyne

Médicaments, cuiseur solaire, toilettes sèches, jardins

Des médicaments

Je m’étais chargée de collecter des médicaments pour apporter au dispensaire de Goumogo. La pharmacie du marché à Florac (Lozère) a fourni 15 kgs de médicaments pour l’ association “Néré “. Après tri, inventaire et conseil téléphonique de mon frère toubib (3/4 heure), je réduis le volume et le poids (8 kg) en gardant les médicaments de pays pauvre, éliminant les remèdes maladie cardio-vasculaire, post opératoire, parkinson , etc…
Arrivés à Goumogo, 24 h seront perdues avant que les piqûres (8 boîtes) soient mises au frais, un seul frigidaire alimenté au gaz fonctionne au dispensaire. La remise des médicaments devait se faire en présence du comité villageois. Elle est reportée puis n’a pas lieu, la moto du président est “gâtée”.
Le dispensaire est sordide : poussière, crasse, abandon, ce n’est pas moi qui rencontre le major, seul Mamadou, l’aide infirmier, comédien des Supers Etoiles, me saluera sans contact approfondi. Les médicaments lui sont confiés au moment du départ, sans inventaire, ni aucune recommandation. Pour moi : un échec.
Si je devais noter cette activité : 3 sur 10

Un cuiseur solaire

A l’aide d’un plan de fabrication artisanale (Vincent Albouy et JP Blugeon), je réalise à la mi-décembre, un cuiseur solaire pour 25 euros (boite d’archive en carton, verre, contreplaqué 5mm, colle et bocal). Je le laisse plié dans une valise pour le transport dans l’avion, et termine, en quelques heures, le montage dans la cour de Néré à Goumogo. Le temps passe vite, le soleil est trop voilé suite à l’harmattan, vent qui vient du désert et apporte la poussière. L’expérience ne sera effective que sur 2 jours. Tentative avec des haricots trop durs et pas assez trempés : cuisson laborieuse. Une autre fois, en tournant le bocal, je me brûle et l’eau se déverse, je dois faire sécher les cartons qui étaient fixés. Le dernier jour, le risotto de riz, carottes patates douces, oignons était presque cuit le soir, il manquait toutefois de l’eau. Difficulté d’utilisation du bocal, orientation régulière face aux rayons du soleil, il faut être là. Nabin, qui s’occupe des jardins, est intéressé et va le récupérer jusqu’au retour des gens de Néré.
Note : 4 sur 10

Des toilettes sèches

L’idée avait été lancée depuis début décembre par Rita. Les cafards et l’odeur rendent le lieu désagréable. Sur internet, je consulte les fiches du groupement féminin de Tanguin Dassouri en avance sur les sujets environnementaux mais il faudrait plus de 8 jours pour fabriquer leurs latrines en matériaux locaux. Je décide donc de faire travailler le menuisier local de Thyou et de faire le même chiotte que chez moi : une boite solide et étanche par dessus un seau que l’on ira vider sur un compost dans le jardin de Nabin et qu’il épandra une fois décomposé. Il faudrait deux trous pour séparer urines et selles, mais vu le temps qui reste, deux jours, un seul seau suffira. Le menuisier prend la chose au sérieux, il s’applique et le confort est tout de suite apprécié. Nabin, là aussi va récupérer ces toilettes jusqu’à notre retour.
Note : 6/10

Agroforesterie

En tant que pépiniériste, je suis chargée de seconder Evelyne, présidente de Néré dans son programme de poursuite d’agroforesterie à Goumogo et en partenariat avec l’Apaf, dans toute la région du Boulkiemdé. Avec Claver et Aruna nous allons donc en 3 jours du 5 au 7 janvier, parcourir 300km de pistes en mobylette, visiter des exploitations à Savili, Réo, Gundi, Sourgou, remplir une dizaine de fiches techniques (à améliorer), constater les lacunes, les problèmes, les besoins en formation etc… Les paysans ont besoin de cet appui technique puisque Néré est au départ l’instigateur de ces programmes. A Koudougou, Colette Nana va rassembler 20 femmes de son groupement féminin Teeweng Bao Manegre qui sont prêtes à démarrer en 2011 des parcelles de maraîchage avec les fameux arbres fertilisants. Claver et Aruna vont tenter d’organiser au printemps une visite à Goumogo où les arbres ont déjà 5 ans, et où il n’y a plus besoin de mettre de l’engrais. Note 8/10

Le jardin des femmes à Goumogo.

Depuis 5 ans, Néré tentait de mettre en place ce jardin des femmes avec les arbres : Albizia chevalieri et Samanea Saman. C’est enfin chose faite ! De ’Ouaga, les portables ont fonctionné, et les jeunes plants venaient d’être plantés sur ½ hectare. Le lundi 10 au matin, les femmes redressaient la clôture mise à mal par les animaux errants. Nabin, son aide, Evelyne et moi avons arpenté les 4 bandes de 32m par 26 m et avons au cordeau délimité 42 parcelles de 16 mètre par 2m60, avec un décamètre réduit à 1 mètre ! Nous pensions que c’était ensuite aux femmes à se répartir les parcelles selon affinités, mais nous avons senti, Evelyne et moi, que nous devions aider à l’organisation du tirage au sort des numéros. Seule Mamounata savait écrire et l’attribution des parcelles fut démocratique. Le lendemain, j’ai mis au propre le cahier en double exemplaire et résolu plusieurs anicroches, doublons qui auraient pu créer des contestations. Le mercredi 12, Nabin et moi plantions les piquets avec une fiche cartonnée et le nom de chaque propriétaire ! Une soixantaine car certaines parcelles étaient choisi par 2 femmes âgées. Un coq nous fut offert par la présidente du groupement des femmes et j’en fus très fière !!!
Note 9/10

Babeth