Théâtre Croquemitaine

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Une participante de l’atelier "Les Etoiles Filantes"

Portrait d’une participante de l’atelier "Les Etoiles Filantes"

samedi 9 avril 2011, par MS

Jocelyne a 63 ans, des yeux pétillants, une langue bien pendue. Elle habite à Mouscron.
C’est un bout-en-train a la joie de vivre communicative. Elle en a vu des vertes et des pas mûres. Elle relativise les petits bobos et les méchantes maladies et dédramatise les tracas quotidiens.

Le théâtre, elle voulait déjà en faire, quand elle était petite fille mais, pour son père, c’était un métier de putain. Alors, elle faisait le clown, dans la vie, même à l’école, dans le dos des religieuses. Elle travaillait déjà à quatorze ans et demi, dans une usine textile, au piqûrage.
Son premier salaire s’élèvait à 600 francs belges. Jocelyne a participé à la réalisation d’un tapis en fils d’or pour le roi et la reine !
Elle installait une espèce de paravent avec des rouleaux de tapis, pour faire le clown et amuser ses copines d’usine, à l’abri des regards du contremaître. Elle se maquillait avec le bouchon brûlé de la bouteille de rouge bue à la cantine. Evidemment, elle a plusieurs fois écopé de jours de mise à pied. Elle n’osait pas le dire à ses parents et inventait toutes sortes d’excuses...
Elle 1967, elle “tombe” enceinte. Elle avait peur de son père. Finalement, elle le lui avoue, en larmes. Il lui répond :“Ma poule, il y a plus de filles qui se marient enceintes que d’églises sur la terre !” Elle quitte l’usine Deporter pour rejoindre son mari à Paris où elle travaille comme vendeuse à la samaritaine et ensuite comme concierge.
En 1971, de retour en Belgique, elle reprend du service dans une usine textile jusqu’à ce que l’usine ferme. Elle est engagée comme serveuse dans un restaurant pour routiers, elle amuse les clients, la madelon. De 1982 jusqu’au 1er janvier 2008, elle travaille dans la vente par correspondance à Tourcoing.
Et vient l’âge de la pension, le moment de rejoindre le groupe “Les Etoiles Filantes”.
Pour Jocelyne, le théâtre, c’est vital. Elle a besoin de s’exprimer. Une après-midi par semaine, ce n’est pas suffisant pour elle. Le jour où elle aura une petite voiture électrique, sans permis, elle pourra bouger davantage et participer à plusieurs ateliers.