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Une voûte nubienne à Goumogo

Un projet sérieusement fou

mercredi 23 octobre 2013, par MS

Nous travaillons depuis cinq ans avec la troupe des “Super Étoiles” de Goumogo, un petit village du Burkina Faso.
Depuis toujours le besoin d’un local se fait sentir. Un local pour les répétitions de théâtre, mais aussi pour des cours d’alphabétisation, des réunions et à présent des activités pour les enfants. Sans parler des projets...
Les “Super Étoiles” sont parvenus à obtenir la concession d’un grand terrain sur lequel la construction de bâtiments est possible. L’opportunité est trop alléchante. Ensemble nous avons tout d’abord décidé de jeter les fondations du “Théâtre des Savanes”. Et comme nous n’avons pas peur d’être un peu (?) fou, tant qu’à bâtir ce Théâtre des Savanes, un théâtre dans la brousse et la poussière, autant carrément construire un centre multiculturel. Non ?

Le village de Goumogo n’a pas d’électricité, ni d’eau courante. il faut la pomper à la main ou la puiser dans des puits.
Si la saison sèche, sans aucune précipitation, dure 8 mois, à la saison des pluies, celles-ci peuvent être violentes et parfois inonder les cours.
La poussière est également un élément à "combattre". Balayée par les vents, dont le redoutable Harmattan, elle s’insinue partout.
Enfin le réchauffement climatique ici aussi se fait sentir. De mars à mai, les températures atteignent facilement 40°, avec des records proche de 48°... pour rappel, ce sont des températures observées sous abris, à l’ombre...
Le bâtiment abritant ce centre multiculturel doit intégrer toutes ces contraintes.
Or toutes les maisons du village sont couvertes de tôles ondulées posées sur des charpentes en bois. Le bois est rare, la déforestation et la sahélisation font des ravages. Bois et fer sont des matériaux qu’il faut importer, donc coûteux.
La journée ces toits de tôles transforment les maison en véritable fours solaires, la nuit ils laissent rentrer le froid, et leur longévité est limitée. Mal protégés les murs de terre sèche s’érodent et finissent par s’écrouler.
Nous voulons aussi que les propositions que nous faisons se construisent à partir des ressources locales, tant matérielles que humaines. La transparence dans la gestion doit être de mise (tenue d’une comptabilité), ainsi que l’autonomie et l’indépendance vis à vis des pouvoirs locaux, politiques ou traditionnels.

Ce sont toutes ces raisons qui nous mené à opter pour la technique de construction dite de la voute nubienne.
La voûte nubienne est un procédé architectural antique, venu du haut Nil qui permet de construire avec un outillage basique, des matériaux locaux et des compétences techniques simples des habitations aux toitures voûtées restaurant la possibilité du toit terrasse », et utilisant de la terre crue séchée au soleil.
Divers avantages sont attendus : coûts de construction plus faibles, utilisation de matériaux locaux, meilleure isolation, durée de vie plus longue, simplicité.
Ainsi, les constructions en terre suivant le principe de la voûte nubienne « sont fraîches, bien isolées, faciles à construire, composées de matériaux disponibles à portée de main et bon marché. Cette utilisation de la terre réduit aussi la consommation de bois dans des régions sahéliennes très largement déboisées.
En termes de durée, « leur espérance de vie est de cinquante ans quand celle des maisons de tôle et de terre n’excède pas dix ans.
La technique de construction est basée sur la terre prélevée localement, et « ne nécessite ni bois, ni tôle, matériaux encore utilisés dans l’immense majorité des villages » africains, continent ou se développe surtout la voûte nubienne. La terre crue est « malaxée sous forme de mortier et de briques séchées au soleil » et permet de se passer de l’utilisation de coffrage pour le bâti de la partie voûtée . Ce voûtement est donc construit directement au-dessus du vide jusqu’à sa fermeture.
La voûte nubienne a une dernière caractéristique, sa simplicité technique, permettant une formation rapide des maçons et constructeurs. Bien qu’historiquement inconnue en dehors de sa zone d’origine (le haut Nil), la méthode connaît donc actuellement une certaine expansion dans d’autres régions du monde, en particulier dans la partie sahélienne de l’Afrique de l’Ouest.
Plus récemment, depuis l’an 2000, l’Association la Voûte Nubienne (AVN) a simplifié et codifié la technique, puis lancé le programme de vulgarisation à grande échelle « pour des Toits de Terre au Sahel » afin de propager ce modèle architectural à l’ensemble de l’Afrique sahélienne qui manque de bois pour la construction de ses toits (et utilise donc de la tôle importée qui handicape les économies familiales et nationales).
Fin 2008, AVN avait contribué à la formation d’un réseau de plus de 120 maçons burkinabé, maliens, togolais, sénégalais (données 2008) qui avait réalisé plus de 500 voûtes nubiennes au Burkina Faso, Mali, Togo, Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire.
(Wikipédia)

Notre partenaire pour la construction de notre premier bâtiment sera l’un des maçons formé par l’Association la voûte nubienne. Il sera chargé de la construction, de la direction du chantier, et de la formation du maçon du village et des paysans-comédiens des Super Étoiles.
L’avantage de cette technique est qu’elle pourra par la suite est reproduite par le maçon de Goumogo et des apprentis.
Au village, le coût de construction avec la voûte nubienne avoisine les 14 000 CFA du m² (22€). C’est-à-dire plus de la moitié du coup de fabrication des maisons traditionnelles (en parpaings de béton avec un toit en tôle) et pour un confort incomparable sur le plan de la climatisation et de l’acoustique. De plus leur longévité en fait un bien transmissible à ses enfants.
Le matériel de base est le "banco" récolté dans le village par les comédiens, c’est à dire de la "terre crue", permettant de mouler des briques de terre sèche. Il faut aussi des cailloux également récolté dans le village. Il faut aussi de l’eau.
La première construction consistera donc dans le creusement d’un puits busé pour accéder à de l’eau pour pouvoir réaliser l’ensemble des constructions (fabrication des briques de banco, de l’enduit)
Mais ce ne sera pas une perte de temps, cela servira plus tard arrosage des plantations.
Car cette première construction est la première étape d’un projet plus vaste : La construction d’un centre multiculturel comprenant différents espaces de formation, d’animation et de sociabilité.
Notre projet prévoit deux autres bâtiments, dont la construction sera rythmée par notre capacité à trouver des financements. Nous voudrions tenir le rythme d’un bâtiment par an.
À travers ces trois chantiers, nous espérons que le maçon du village pourra acquérir suffisamment de savoir faire, pour lui aussi commencer à reproduire cette technique.
Nous espérons aussi à travers "l’exemplarité" de cette construction permettre à l’idée de se diffuser dans le village. L’utilisation "sociale" (réunions, alphabétisation, etc...) de cette maison "témoin" devrait favoriser la mise en avant des qualités de la construction.
Enfin la troupe de théâtre des "Super Étoiles" se fixe comme objectif la diffusion de ce genre d’idées alternatives capable d’améliorer concrètement la vie quotidienne.
À ce titre ce centre multiculturel peut devenir l’une des bases permettant la diffusion du concept de la voûte nubienne.
Mais la problématique liée à la diffusion de la voûte nubienne n’est pas si simple. Pas facile de changer des habitudes fortement ancrées.
Quelle utilité ?
Ces deux locaux vont trouver immédiatement, non pas une, mais plusieurs utilisations concrètes.
Le stock-atelier
Les supers étoiles se sont dotés peu à peu d’équipements pour leurs spectacles et leurs animations. Ce matériel ils doivent l’abriter. Instruments de musique, matériel de scène, costumes, accessoires, groupe électrogène, outils, etc, doivent être rangés dans un local fermé. Ce local pourra également servir d’atelier pour les réparations, petits entretiens et fabrication d’accessoires et de décors pour le théâtre.
Il sera utilisé pour des réparations du matériel du future centre multiculturel. Il y a déjà un peu de mobilier, des bancs, des tables, qui demandent de l’entretien. Ce local servira ainsi aussi de point d’appui pour des petites formations techniques.
Il faut savoir que le village est très démuni en matière d’outillage. Marteau, pinces, tournevis, échelle, scie et même un bon couteau, sont des denrées rares voir inexistantes.
Un l’atelier équipé à minima, constituerait donc un véritable plus pour le village et permettrait de petites formations.
La classe - loge
Il sera principalement utilisé comme classe, ou comme atelier. C’est pour cette raison qu’il convient de l’isoler correctement.
Les besoins en locaux destinés à accueillir des formations sont importants. Outre l’alphabétisation, des possibilités existent dans de nombreux domaines : agriculture, artisanat, technique, santé, préparation de brevets ou d’examens particuliers, école de la seconde chance, etc. Le voisinage du local destiné à l’atelier peut favoriser beaucoup de formations techniques ou à l’artisanat..
Ce local ne servira en réalité de loge que lors de spectacles.
Le local pourra aussi être utilisé pour héberger des étrangers de passage.

Vous pouvez obtenir toutes les informations détaillées sur la voûte nubienne sur le site de L’Association de la Voûte Nubienne (AVN) :

Vous pouvez obtenir toutes les informations détaillées sur le projet de centre multicultuel sur notre site :
Le travail mené au Burkina depuis 2007

Projet " Le Théâtre des Savanes "

- Le Théâtre des Savanes

- Une voûte nubienne à Goumogo

- La voûte nubienne en chiffres

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