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à chaud dans les réacteurs : dire adieu à la finance !

lundi 24 septembre 2018, par RZ

ByeByeTINA : Dire adieu à la finance appel à actions du 15/09 au 31/10/2018
Le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers se déclarait en faillite. L’onde de choc atteint toutes les institutions financières. Les grandes banques font appel aux gouvernements pour renflouer leur caisse. Nous en payons le prix chaque jour.
Samedi 15 septembre 2018, les anciens banquiers de Lehman Brothers se réunissaient pour ... se retrouver, probablement - on ne voit pas bien ce qu’il y avait à fêter. Quoique : leur sauvetage ? Le retour au Business as usual ? Leur recyclage dans le système financier qui se porte si bien depuis que nous l’avons sauvé ? Surement un peu de tout cela et peut-être davantage. C’est que les Etats les ont bien soutenus et qu’il y a pour eux de quoi se réjouir. L’action-performance Crash-Birthday portée par le collectif Désorceler la finance proposait une autre version de cette célébration.

TINA ? There Is No Alternative : ce slogan attribuée à Thatcher, sous-entend que le marché, le capitalisme et la mondia-lisation sont des phénomènes néces-saires, et non des choix politiques, et que tout régime qui prend une autre voie court à l’échec.

Nous reproduisons ici le manifeste de l’appel à actions

La finance est partout - elle donne un prix aux céréales qui assurent la base de notre alimentation, aux matières premières - bois, métaux, minerais... - qui constituent les objets dont nous faisons usage chaque jour ; elle façonne le choix des énergies que nous utilisons ; elle détermine les conditions de notre travail et notre façon d’envisager et d’accéder à ces besoins fondamentaux que sont la santé, l’habitat et l’éducation.
Chacun, chacune de nous est intimement lié.e à elle. La finance se glisse jusque dans les interstices de nos portefeuilles, dans les tiroirs de nos meubles : crédit hypothécaire, crédit à la consommation, épargne pension... autant de bouts de papier dont nous sentons continuellement la présence tant ils nous obligent.
La finance est partout, et l’argent déborde. Les milliards et milliers de milliards et millions de milliards des banques, des sociétés d’assurances, des fonds de pension, des hedge funds, des fortunes démesurées et des dettes abyssales nous sifflent aux oreilles à l’écoute des nouvelles, à la lecture des journaux. Ces montants nous impressionnent mais, souvent, nous ne les voyons plus, occupé.e.s que nous sommes à tenter de vivre avec quelques dizaines, quelques centaines, quelques milliers peut-être. Peut-être ces milliards nous empêchent-il aussi, par leur présence, leur pouvoir, leurs injonctions et leur insistance étouffante, de penser et d’agir autrement.
Dépasser cet état d’empêchement, de paralysie, d’étouffement, requiert de briser quelque chose qui est de l’ordre de l’envoûtement, de l’impuissance sidérée.
Le temps est venu de rendre visibles et défaire les réseaux d’influence. Le temps est venu de décortiquer les rouages de l’économie et de la finance. Le temps est venu de mettre nos mains dans le cambouis.
Dans un contexte de crises économiques et financières à répétition et aux effets dévastateurs, nous soutenons qu’il est urgent de se réapproprier le fonctionnement de la société dans laquelle nous vivons et d’en maîtriser les enjeux. Laisser les questions économiques et financières aux seuls experts n’est plus envisageable.
Investissons nos rues, nos places et nos chemins pour
Nous sortir de l’immobilisme
Nous remettre en mouvement
Nous donner de la force
De la force pour faire émerger de nouvelles règles du jeu
De la force pour ouvrir un accès vers d’autres modèles de répartition des richesses
De la force pour faire exister d’autres modes de vie
De la force pour libérer notre imagination.